Retour aux actualités Vigilance

Master, mastère, MSc, bachelor : ce que vous obtenez vraiment à la fin

EDUFREM · 18/09/2026 · Vigilance

Ces quatre mots se ressemblent et ne valent pas la même chose. Certains diplômes sont délivrés au nom de l’État français, d’autres ne valent que sur le marché du travail, d’autres ne sont qu’un nom commercial. Voici comment vérifier avant de payer.

Un étudiant nous a écrit cette phrase, et elle résume le problème : « J’ai fait un MSc en France, et en rentrant, le ministère de mon pays m’a dit que ce n’était pas un master. »

Il avait payé deux ans de scolarité. Il avait le niveau. Il n’avait simplement pas le diplôme qu’il croyait avoir.

Ce n’est pas une arnaque. L’école n’avait rien promis de faux : elle avait écrit « MSc » partout, ce qui est exact, et nulle part « master », ce qui aurait été faux. Personne ne lui avait expliqué la différence, et il n’avait pas pensé à la demander. C’est exactement ce que cet article cherche à éviter.

Le mot « master » est protégé, les autres ne le sont pas

En France, le mot master désigne un diplôme national. Il est délivré au nom de l’État, il vaut 120 crédits ECTS après la licence, et il confère un grade universitaire. C’est lui qui ouvre le doctorat, qui permet de se présenter à un concours de la fonction publique, et qui est le plus facilement reconnu par les ministères de nos pays.

Mastère, avec un accent et un E, n’est pas la même chose. C’est un label de la Conférence des grandes écoles, une association d’écoles. Un Mastère Spécialisé est souvent une excellente formation, très professionnalisante, mais ce n’est pas un diplôme d’État et il ne confère aucun grade.

MSc, pour Master of Science, est également un label de la Conférence des grandes écoles, ou parfois une simple appellation commerciale que rien n’encadre.

MBA n’est encadré par rien du tout en France. N’importe quel établissement peut appeler sa formation un MBA.

Bachelor n’est pas davantage protégé. Certains bachelors confèrent le grade de licence, la plupart non.

La règle à retenir tient en une phrase : seuls « licence », « master » et « doctorat » sont des diplômes nationaux protégés. Tout le reste doit être vérifié.

Les quatre niveaux de reconnaissance, du plus fort au plus faible

1. Le diplôme national. Licence, master, doctorat, BUT, BTS, diplôme d’État d’infirmier ou de vétérinaire. Délivré au nom de l’État français, il confère un grade universitaire. C’est la reconnaissance la plus forte, et c’est ce que délivrent les universités publiques, les IUT et les lycées publics.

2. Le diplôme visé par l’État, avec grade. Une école privée dont le diplôme est visé par le ministère, et à qui le ministère accorde en plus le grade de licence ou de master. Le grade aligne le diplôme sur le diplôme national. C’est le cas de beaucoup de grandes écoles de commerce.

3. Le titre d’ingénieur habilité par la CTI. La Commission des titres d’ingénieur habilite les écoles à délivrer le titre d’ingénieur, qui confère le grade de master. Si une école d’ingénieurs n’est pas habilitée par la CTI, son diplôme n’est pas un titre d’ingénieur.

4. Le titre RNCP. Le Répertoire national des certifications professionnelles enregistre des titres par niveau : niveau 5 pour un bac+2, niveau 6 pour un bac+3, niveau 7 pour un bac+5. Un titre RNCP est une reconnaissance professionnelle, pas un diplôme d’État. Il vaut sur le marché du travail français, où il est solide et reconnu par les employeurs. Il ne confère pas de grade universitaire, il n’ouvre pas automatiquement le doctorat, et il est souvent mal reconnu par les administrations de nos pays, qui raisonnent en diplômes d’État.

Et en dessous, il y a le certificat d’établissement : l’école atteste que vous avez suivi sa formation, et c’est tout.

Pourquoi cela change votre vie, et pas seulement votre CV

Si vous comptez travailler en France après vos études, un titre RNCP de niveau 7 est parfaitement utilisable. Les employeurs français le connaissent, et pour beaucoup de métiers il vaut autant qu’un master.

Si vous comptez rentrer au pays, la question change de nature. Les ministères de l’enseignement supérieur et les fonctions publiques de nos pays demandent en général une équivalence, et l’équivalence s’appuie sur les diplômes d’État. Un titre RNCP peut passer, ou ne pas passer, et vous ne le saurez qu’au retour.

Si vous comptez poursuivre en doctorat, le grade de master est la porte d’entrée normale. Sans lui, l’accès reste possible par validation des acquis, mais il faut le négocier école doctorale par école doctorale.

Si vous visez un concours de la fonction publique, français ou de votre pays, les diplômes exigés sont presque toujours des diplômes d’État.

Aucune de ces situations ne rend un titre RNCP mauvais. Elles rendent seulement indispensable de savoir lequel on achète.

Comment vérifier, en cinq minutes, avant de payer

Cherchez les mots exacts sur le site de l’école. « Diplôme visé par l’État », « confère le grade de master », « titre enregistré au RNCP niveau 7 », « habilité par la Commission des titres d’ingénieur ». Ces formules sont juridiques : une école qui les emploie s’engage.

Demandez le numéro de fiche RNCP. Un titre enregistré au RNCP a un numéro. Il est public, et la fiche indique le niveau, l’intitulé exact et l’organisme certificateur. Une école qui ne peut pas vous donner ce numéro vous dit quelque chose.

Méfiez-vous du silence. Une école qui vend un MSc à 12 000 euros l’année et qui n’écrit nulle part ce que vaut son titre n’a pas oublié : elle a choisi. Posez la question par écrit, par courriel, et gardez la réponse.

Ne vous fiez pas au nom du programme. « MSc in International Business » ne dit rien de la reconnaissance. « Mastère Spécialisé » non plus. Seule la mention légale compte.

Demandez aussi ce que vaut le diplôme dans VOTRE pays. Les écoles sérieuses savent répondre, parce que la question leur est posée toutes les semaines. Celles qui éludent vous renseignent tout autant.

Trois questions à poser par écrit, et à garder

Copiez-les dans un courriel à l’école avant de verser le moindre acompte :

1. Le diplôme délivré à la fin de ce programme est-il un diplôme national, un diplôme visé par l’État, un titre RNCP, ou autre chose ? Si c’est un titre RNCP, quel est son numéro de fiche et son niveau ?
2. Ce diplôme confère-t-il le grade de licence ou de master ?
3. Permet-il de poursuivre en doctorat dans une université française ?

Une école qui répond clairement à ces trois questions mérite votre confiance. Une école qui répond à côté vient de vous dire l’essentiel.

Ce que nous faisons de notre côté

Notre outil d’orientation affiche désormais, sur chaque établissement, ce que vaut le diplôme délivré. Quand l’établissement ne le précise nulle part, nous l’écrivons aussi, et nous vous invitons à le lui demander par écrit : c’est précisément le cas où il faut se méfier.

Nous ne classons pas les écoles et nous ne disons pas qu’un titre RNCP est mauvais. Beaucoup de nos étudiants font d’excellentes carrières avec. Nous disons seulement qu’un étudiant qui part à 5 000 kilomètres de chez lui, avec l’argent d’une famille entière, a le droit de savoir exactement ce qu’il rapportera.

Vérifier avant de payer ne coûte rien. Le découvrir après coûte une année et une scolarité.

À lire aussi