Quelles bourses pouvez-vous vraiment demander ?

Cinq questions, et vous voyez trois listes : ce que vous pouvez demander, ce qui dépend d’une condition à remplir, et ce qui vous est fermé, avec la raison, et ce qu’on fait à la place. Chaque montant porte sa source. Ceux que nous n’avons pas vérifiés, nous ne les inventons pas.

D'où préparez-vous votre départ ?

Les campagnes de bourses sont construites ambassade par ambassade : le calendrier n'est pas le même d'un pays à l'autre.

Les réponses, en clair

Vérifiées le 20 septembre 2026, sur les sources officielles citées dans chaque réponse.

Un étudiant qui arrive d’Afrique peut-il demander la bourse du CROUS ?

Non, et c’est le malentendu le plus coûteux du sujet. La bourse sur critères sociaux exige trois conditions cumulatives : un titre de séjour en cours de validité, un domicile en France depuis au moins deux ans, et un foyer fiscal de rattachement en France depuis au moins deux ans. Un primo-arrivant n’en remplit aucune. L’aide au mérite se greffe sur cette bourse, elle est donc fermée pour la même raison. Ce n’est pas définitif : après deux ans en France, la question se repose. Source : etudiant.gouv.fr, bourses sur critères sociaux.

Quelle bourse finance vraiment une année d’études en France ?

Trois dispositifs financent réellement un cursus. La bourse du gouvernement français, dont la marque est « Bourses France Excellence » : 900 € par mois en licence et en master, 1 850 € en doctorat, chaque ambassade construisant son propre programme. France Excellence Eiffel : 1 200 € par mois en master et 2 000 € en doctorat depuis janvier 2026. Et Erasmus Mundus, pour les masters conjoints : 1 400 € par mois, seul dispositif qui supprime aussi les frais de scolarité. Tout le reste est soit fermé aux primo-arrivants, soit hors de France.

Qui dépose le dossier de la bourse Eiffel ?

L’établissement français, jamais l’étudiant. Campus France l’écrit sans ambiguïté : « seuls les établissements français d’enseignement supérieur peuvent déposer des dossiers de candidatures ». Des milliers d’étudiants postulent donc dans le vide chaque année. Le bon geste est d’écrire très tôt au service des relations internationales de l’établissement visé, qui fixe sa propre date interne, bien avant la date nationale. Une seule candidature est possible par étudiant dans toute sa vie, et un dossier refusé n’est jamais représentable.

Une bourse du gouvernement français couvre-t-elle les frais de scolarité ?

Non. Les frais de formation ne sont jamais pris en charge par la bourse elle-même. En université publique, le statut de boursier du gouvernement français ouvre en revanche une exonération de plein droit des droits différenciés, qui n’entre pas dans le quota de l’établissement. En école privée, la scolarité reste due en entier : l’exonération ne s’applique qu’aux établissements publics relevant du ministère de l’enseignement supérieur.

Combien coûtent les droits d’inscription pour un étudiant hors Union européenne ?

En 2026-2027, dans un établissement public : 2 902 € en licence et 3 950 € en master, contre 178 € et 255 € pour un étudiant européen. Le doctorat n’est pas concerné par les droits différenciés : 398 € pour tout le monde. Source : etudiant.gouv.fr, droits d’inscription 2026-2027.

Peut-on être exonéré des droits différenciés ?

Oui, mais c’est devenu plus difficile. Le décret n° 2026-385 du 19 mai 2026 a réécrit l’article R. 719-50 du code de l’éducation et restreint ces exonérations : elles ne peuvent plus bénéficier à plus de 30 % des étudiants concernés en 2026-2027, 25 % en 2027-2028, puis 20 %. Les boursiers du gouvernement français n’entrent pas dans ce plafond. Il n’existe aucune procédure nationale : chaque université a sa commission, ses pièces et ses dates. La demande se fait dès l’admission, pas au moment de l’inscription.

Les bourses de l’AUF ou de la Banque islamique de développement sont-elles une piste ?

Pas pour financer des études en France. Les allocations de l’AUF visent les étudiants déjà inscrits dans un établissement membre, son programme d’exemption de droits concerne le Québec, et ses bourses « Eugen Ionescu » envoient trois mois en Roumanie. Les programmes de la Banque islamique de développement exigent une admission dans un pays membre, et la France n’en est pas un ; le volet master est réservé aux pays les moins avancés membres, où ne figurent ni le Cameroun, ni le Sénégal, ni la Côte d’Ivoire.

Comment repérer une fausse offre de bourse ?

En lisant ce que les services officiels écrivent eux-mêmes. Campus France Mali : « des individus et/ou structures proposent des bourses d’études en se prévalant du nom de Campus France Mali. Il s’agit en réalité d’une escroquerie, Campus France Mali n’offrant aucune bourse d’études. » Campus France Côte d’Ivoire : « aucune agence n’est agréée par Campus France. Le recours à un intermédiaire contre rémunération pour élaborer un dossier Campus France ne facilite ni l’obtention d’une pré-inscription, ni l’obtention d’un visa. » Et une règle simple pour les dates : ne jamais se fier à la date de mise à jour affichée en bas de page, chercher la date limite écrite dans le texte.

La suite logique

Une bourse ne se demande pas dans le vide : elle couvre une partie d’un budget, pour une formation précise, dans une ville précise.