NOVA · Méthode
Nous avons vérifié nos propres chiffres. Douze sur dix-neuf venaient de nous.
NOVA n’oppose à une école aucune exigence qu’EDUFREM aurait choisie. Chaque cible se lit dans un document public. Quand aucun référentiel ne fixe de chiffre, nous n’en inventons pas : l’indicateur est mesuré, publié, et il ne compte pas dans la note.
Le problème
Dès qu’on note, il faut des seuils. Et il est très facile de les inventer.
Combien d’élèves par enseignant est-ce trop ? À partir de quel taux d’admission une école est-elle bonne ? Quelle part d’enseignants doit avoir été formée dans l’année ?
Les chiffres qu’on se donne à ces questions ont l’air raisonnables. Personne ne les vérifie. On les écrit une fois, ils deviennent la norme du produit, ils s’installent dans les recommandations, et une école finit par entendre « votre ratio est mauvais » — au nom de rien.
Nous l’avons fait. Pas par malhonnêteté : par facilité.
La vérification
Sept cibles se lisent dans un document.
Le 9 septembre 2026, nous avons repris les dix-neuf cibles chiffrées de NOVA et cherché, pour chacune, la phrase exacte qui la fonde. Documents ouverts un par un, jamais un résumé : les normes minimales de l’INEE, les fiches méthodologiques de l’Institut de statistique de l’UNESCO pour les indicateurs de l’objectif 4, le cadre d’action Éducation 2030, les stratégies continentales de l’Union africaine, les référentiels qualité du CAMES, les échelles de service de l’OMS et de l’UNICEF.
Nous notions
45 élèves par enseignant au maximum
Les normes minimales de l’INEE refusent de fixer un plafond international et renvoient aux normes nationales. Leur propre indicateur est relatif : égal ou inférieur à la moyenne du pays.
Nous notions
100 élèves par point d’eau
Le programme conjoint de l’OMS et de l’UNICEF écrit qu’aucun ratio de ce type n’existe. Il juge un service — l’eau coule-t-elle aujourd’hui — et non une division. Les repères chiffrés que nous avons trouvés portent sur autre chose : trois litres par élève et par jour, une cabine de latrine pour vingt personnes.
Nous notions
40 000 FCFA par élève et par an
Les seules cibles de financement qui existent — quatre à six pour cent du produit intérieur brut, quinze à vingt pour cent des dépenses publiques — s’appliquent à un pays. Aucune ne descend jusqu’à l’école.
Nous notions
50 % d’enseignants titulaires d’un doctorat
Le référentiel qualité du CAMES demande « des enseignants qualifiés et compétents », sans aucun seuil.
Nous notions
40 % d’enseignantes
Une erreur dans l’autre sens : la norme 15 de l’INEE porte un indicateur à cinquante pour cent. Nous étions trop indulgents.
La question de fond
Pourquoi les référentiels ne chiffrent-ils pas tout ?
L’Union africaine reconnaît elle-même, dans sa stratégie continentale pour l’éducation 2026-2035, qu’il manque des données comparables entre pays sur le leadership scolaire, les compétences socio-émotionnelles, l’intelligence artificielle et l’inclusion. Pourquoi ne pas poser un chiffre, ne serait-ce que pour cadrer ?
Une cible suppose une mesure
On ne fixe pas d’objectif sur une grandeur qu’on ne sait pas relever : l’année suivante, personne ne pourrait dire si elle est atteinte. Écrire « les données manquent » est plus solide que publier un nombre invérifiable.
Ces textes sont négociés entre cinquante-cinq États
Leurs systèmes n’ont ni les mêmes moyens ni les mêmes métiers : chef d’établissement n’est pas une profession formée partout. Un chiffre serait soit rejeté en négociation, soit vidé de son sens. C’est pourquoi les objectifs de développement durable emploient des formulations universelles — tous les enfants, chaque enseignant. Aucune arithmétique à négocier.
La délégation au niveau national est une doctrine, pas un oubli
L’INEE ne dit pas qu’il ignore : il dit que la norme appartient au pays. La stratégie continentale sur la formation professionnelle, publiée en 2025, l’écrit sans détour : le cadre d’indicateurs et de cibles sera développé. Les chiffres viennent après la mesure, jamais avant.
La règle
EDUFREM ne recommande rien.
Toutes les exigences de NOVA viennent des référentiels mis en source du travail. Une question n’existe que si elle sert à vérifier une règle écrite ailleurs. Si un conseil n’a pas d’adresse dans un document, ce n’est pas le conseil qu’il faut adoucir : c’est la question qu’il faut supprimer.
Deux exemples de ce que cela change. L’effectif par classe n’est plus comparé à un nombre que nous aurions choisi : nous demandons à l’établissement la norme que son propre ministère a fixée, et c’est contre elle qu’il est noté. Un directeur camerounais cesse d’être jugé à l’aune d’une règle sénégalaise.
Et la parité filles-garçons suit désormais l’indice de l’Institut de statistique de l’UNESCO, y compris la transformation qui le rend symétrique. Sans elle, un excès de filles était puni deux fois plus qu’un excès de garçons, pour le même déséquilibre. Notre approximation précédente était plus simple, et fausse.
Ce que nous ne notons pas
Neuf indicateurs sont mesurés, publiés, et ne comptent pas dans la note.
Ratio élèves-enseignant, élèves par appareil, réussite aux examens, insertion des diplômés, part de docteurs, femmes dans l’équipe de direction, préscolarisation des entrants, élèves par point d’eau, budget par élève. Aucun texte ne dit à partir de quand le chiffre est bon.
Nous aurions pu supprimer ces questions. Nous les avons gardées, sans note. Ce sont précisément les données dont l’Union africaine écrit qu’elles manquent, et une école qui se compare aux établissements semblables de son propre pays n’a besoin d’aucun seuil inventé — seulement d’écoles diagnostiquées.
Le vide se comble par la mesure, pas par l’invention. Le jour où cette donnée existera sur plusieurs pays, elle ne servira pas qu’à nous : elle servira à ceux qui, aujourd’hui, écrivent qu’elle manque.
Pour votre établissement
Vous pouvez vérifier chaque exigence qu’on vous oppose.
La table est ouverte à tous : les cibles notées avec le document qui les fonde, les indicateurs mesurés sans être notés avec la phrase qui explique pourquoi, et les référentiels à leur adresse officielle. Un directeur qui suit son plan d’action ne suit pas nos opinions ; il suit ce que les institutions qui financent, inspectent et accréditent ont écrit.
C’est aussi pour cela qu’aucun nom d’établissement n’est publié sur la foi d’un questionnaire. La distinction suppose un audit conduit sur place, en présence d’une personne habilitée par EDUFREM, et ce sont les constats de l’auditeur qui font foi.
Une cible vous paraît mal lue, ou vous connaissez un document qui en fixe une là où nous disons qu’il n’y en a pas ? Écrivez-nous : c’est exactement la correction que nous cherchons.